10. En dépit d’un appui marqué au niveau rhétorique, les actions concrètes en matière de VIH/sida et de droits humains demeurent insuffisantes.
Sur papier, les droits humains ont clairement une place dans la réponse au VIH/sida. Les gouvernements signataires de la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida (2001) se sont engagés à des actions, à l’intersection du VIH et des droits humains, et cinq ans plus tard ils ont réitéré leur engagement. Dans la pratique, cependant, peu d’efforts ont été déployés pour estimer le coût des programmes nationaux nécessaires à établir clairement des protections des droits juridiques et des droits humains des personnes vivant avec le VIH/sida, ou qui en sont affectées ou y sont vulnérables – et pour établir des budgets à cet effet et mettre en oeuvre de tels programmes.
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En 2003, près de la moitié des gouvernements de l’Afrique subsaharienne n’avaient pas encore adopté de lois élémentaires pour rendre explicitement illégale la discrimination à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida. Seulement un tiers des pays du monde avaient adoptédes mesures légales interdisant explicitement la discrimination à l’égard de populations particulièrement vulnérables au VIH.
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En dépit de l’importante hausse du financement mondial pour des programmes contre le VIH et le sida, on a peu investi dans des initiatives portant sur les droits humains fondamentaux, comme :
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des campagnes « connaissez vos droits » et des services juridiques pour les personnes vivant avec le VIH ou affectées par lui;
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des examens nationaux de la législation ou de l’application de la loi, en lien avec le VIH/sida;
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des initiatives de formation en matière de non-discrimination, de confidentialité et de consentement éclairé, pour les professionnels de la santé, la police, la magistrature, les intervenants en travail social, etc.;
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l’auto-plaidoyer et la participation, des femmes, des jeunes, des personnes vivant avec le VIH/sida, des personnes qui utilisent des drogues, des travailleuses et travailleurs sexuels, des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, ainsi que des détenus et des migrants, dans les cadres d’action nationaux sur le VIH/sida, les instances de coordination et les systèmes de suivi et d’évaluation.
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Une évaluation réalisée en 2006, de l’application de la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida dans 14 pays, a conduit à conclure que « les violations de droits humains de membres de populations vulnérables se poursuivent sans relâche, ce qui prive ces personnes de l’accès aux services et aux outils efficaces pour la prévention du VIH, et aux médicaments anti-sida qui pourraient leur sauver la vie ».
- En 2003, le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a affirmé : « Les droits humains liés au VIH/sida ne figurent pas assez haut parmi les priorités des gouvernements nationaux, des bailleurs de fonds et des organismes de défense des droits humains.
» La réalisation universelle des droits de la personne et des libertés fondamental[e]s est indispensable si l’on veut réduire la vulnérabilité face au VIH/sida. — Session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH/sida, « Déclaration d’engagement sur le VIH/sida », para. 58




